19 novembre 2013

balcons poteaux fenêtres aux voitures, parler mortel aussi




C’est le genre de situation très romanesque
parce qu’on peut exprès prendre le temps


faire attention à des choses inattendues

Il y a un écrivain qui procède en s’arrêtant à un moment donné 
en parlant de quelque chose qui en moi se refuse

C’est-à-dire qu’ils ont précisé beaucoup de choses avant

Ils ont pu faire des descriptions très travaillées
très sinueuses

et révolutionnaires 
d’un certain point de vue 
puisque pourquoi pas parler

histoire de la forme

de la majesté dans la douleur

ou du faste dans la main

ou de la noblesse par couplage 
ou redoublement d’agilité

et puis des crispations d’allure 
assez caractéristique

donc un peu surfaite

et qui n’empêche pas de souligner

les vertus des charmes éphémères

alors qu’improbables en soi

et il est vrai qu’un passant

ne se décrit de la même façon
à peine comparable avec l’émoi
réputé depuis l’indicible glorieux
d’une passante

Il reste qu’on continue
un certain nombre de fenêtres

compter le flux des voitures

ou le taux de telle catégorie
de matériaux
de tel critère
de sa pertinence
et de bien s’abstenir de commenter

pour s’en tenir aux données
et sans s’en satisfaire
quand même le courage

de ne pas en rajouter

ou alors

l’intérêt de l’alignement

des poteaux, des balcons

des sous-couches

par rapport aux portières



l’intérêt

ou



l’alignement


(…)



ou



l’alignement



ou



l’harmonisation de quoi

dépend encore

à qui on parle

et si le temps passé au téléphone

est disproportionné

par rapport à l’orientation de la fenêtre

C’est pas forcément la peine d'insister.

Je veux pas être forcément aimable.

C’est donc pas moi qui vous parle
quand je dis des choses comme ça

d’un ennui mortel prévisible

C’est sûr de plus en plus

Saturé de stratégies

David CHRISTOFFEL /poème fenêtre

"Exprès prendre le temps"  ici

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